Henry VIII |
Opéra en 4 actes et 5 scènes |
Livret de Pierre
Léonce Détroyat et Armand Silvestre
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Musique de Camille Saint-Saëns |
| Distribution | Voix |
| Henry VIII | baritone |
| Catherine d'Aragon | soprano |
| Anne Boleyn | mezzo soprano |
| Don Gomez de Feria | tenor |
| Le Duc de Norfolk | baritone |
| Le Comte de Surrey | tenor |
| Cardinal Campeggio | bass |
| Cranmer, Archbishop de Cantertury | bass |
| Garter | |
| Lady Clarence | |
| Un huissier | |
| Un officier | |
| 4 seigneurs | |
| 4 dames d'honneur | |
Ouverture |
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Scène I
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| NORFOLK |
| Trop heureux, Don Gomez, de vous revoir
ici! Nous y reparlerons de nos beaux jours de France, De la cour de François où vous étiez aussi. |
| DON GOMEZ |
| De votre souvenir, mon cher Norfolk
merci! Celle à qui j'avais dit ma secrète espérîànce, Comme compatriote intercédant pour moi, La reine Catherine obtint de votre roi Qu ' ambassadeu r d'Espagne en Anglererre A sa cour je fusse accepté. |
| NORFOLK |
| Nul mieux que vous ne l'avait mérité. |
| DON GOMEZ |
| A vous, Norfolk, je n'en fais pas
mystère: Pour rien dans mon désir, l'ambition n'entrait Et de mon cur plus doux est le secret. |
| NORFOLK |
| Quoi, l'amour ? |
| DON GOMEZ |
| Oui l'amour qui m'a percé d'un trait. I La beauté que je sers est telle Que jamaus les regards ne sauraient s'en lasser Et que, rien qu'à a voir passer, On la prend pour une immonelle! Si je vous disais ses appas, Ses charmes, sa grâce ingénue, Vous l'auriez bientôt reconnue, Bien que je ne la nomme pas. |
| NORFOLK |
| C'est donc du ciel qu'elle est venue Celle dont vous suivez les pas ! |
| DON GOMEZ |
| La beauté que je sers est blonde Ses cheveux sont plus clairs que l'or vivant des blés, Et ses yeux dans les curs troublés Versent une langueur profonde! Le long du chemin de ses pas Les roses pâlissent d'envie! Elle est la lumière et la vie! Ne la reconnaissezvous pas? |
| NORFOLK |
| Comme elle a votre âme ravie Celle dont vous suivez les pas! |
| DON GOMEZ |
| Quoi! votre esprit ne devine pas celle Qui, comme une étincelle Dans tous les curs allumant le desir, Fut à la cour de Blois la reine du plaisir? |
| NORFOLK |
| Anne Boleyn ? |
| DON GOMEZ |
| Ellemême! |
| NORFOLK |
| Et vous croyez qu'elle vous aime Aurant que vous l'aimez? |
| DON GOMEZ |
| J'en suis cenain vraiment! Tenez! la reine en garde une preuve fidèle. |
| NORFOLK |
| Une preuve? |
| DON GOMEZ |
| Une lettre d'elle. De ce billet charmant La tendresse nous fit Catherine clémente. |
| NORFOLK |
| Je suis ravi! |
| DON GOMEZ |
| De quoi? |
| NORFOLK |
| Mais que cela démente Certains bruits |
| DON GOMEZ |
| Qu'estce donc? |
| NORFOLK |
| On contait, à la cour, Que le roi, mai guéri de son ancien amour Pour la soeur d'Anne aujourd'hui trépassée Voulait s'en faire aimer... |
| DON GOMEZ |
| La chose est insensée! De Marguerite délaissée Le souvenir saurait la protéger De ce danger! D'ailleurs, elle m'aime! |
| NORFOLK |
| On ajoute Que pour la fasciner sans doute Dès aujourd'hui notre maître et seigneur De la reine la veut nommet dame d'honneur. |
| DON GOMEZ |
| Il n'est, de tout cela, rien que mon cteur redoure. |
| ENSEMBLE |
| DON GOMEZ |
| Oui, je suis sùt de son amour! Toute ma foi tepose en elle. C'est une tendresse éternelle Qui nous enchaîne sans retout. Oui, je suis sût de son amour. |
| NORFOLK |
| Le ciel vous garde son amour! Et puissiezvous ttouver en elle, Avec la constance éternelle L'objet d'un bonheur sans retour. Le ciel vous garde son amour! Si vous connaissiez notte toi, Peutêtre auriezvous plus d'efftoi?! Pour Henry VIII, il n est chose sacrée: L'amitié, l'amour les serments, Tout est litière à ses emportemènts. Il n'est pour lui ni loi, ni foi jurce. La preuve: Buchngham était son favori Ainsi qu'un traître, on le juge à certe heure Et que je meure Si ce soir même il n'a péri. |
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| Mais c'est du tribunal que la fouie s'empresse. |
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Scène 2
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| NORFOLK |
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| La nouvelle, messieurs ? Buckingham? |
| CHUR DES SEIGNEURS |
| Condamné. |
| NORFOLK |
| Quel châtiment ? |
| CHUR DES SEIGNEURS |
| La mort! |
| NORFOLK |
| L'avaisje deviné? |
| CHUR DES SEIGNEURS |
| Pauvre Buchngham que, dans sa détresse Nul de nous ne peut secourir, De ton royal ami la menteuse tendresse Sans éclair de pitié, te laissera mourir! |
| PREMIER SEIGNEUR |
| C'est tout à l'heute qu'on l'emmène Et l'échafaud déjà l'attend! |
| DEUXIÈME SEIGNEUR |
| Pour faire une chose inhumaine Le roi ne perd pas un instant. |
| TROISIÈME SEIGNEUR |
| Nous pourrons dc cette fenêtre Le voir quand on le conduira. |
| QUATRIÈME SEIGNEUR |
| Certes ! mais de le reconnaitre Nul de nous ne s'avisera ! |
| PREMIER SEIGNEUR |
| A la cour, messieurs, le plus sage Est de vivte chacun pour soi!... |
| DEUXIÈME, TROISIÈME, et QUATRIÈME SEIGNEURS |
| Rien en effct ne nous présage Ce qu'il faut attendre du roi! |
| REPRISE DU CHUR |
| Pauvre Buckingham, etc. |
| LES QUATRE SEIGNEURS |
| Nous vivons sous un roi terrible, impie
et traître Et par son joug de fer notre front est meurtri. |
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| Mais le voici. |
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| Salut à notre noble maître! A notre doux seigneur, au trés dément Henry! Salut au prince magnanime Dont le hras de fer revêtu, Impitoyable pour le crimé, Est toujours doux à la vertu ! |
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Scène 3
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| NORFOLK |
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| Daignez, sire, accueillir celui qui
m'accompagne, Don Gom« de Féria, I'ambassadeur d'Espagne ! |
| HENRY |
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| A notre cour, monsieur, soyez le bienvenu Car vous m'étiez déjà connu. La reine qui pour vous s'est fort intéressée, M'a parlé d'une fiancée Dont les beaux yeux vous attiraient ici, Que vous aimiez, qui vous aimait aussi. Remise par vous, une lettre d'elle, Lui fut de cet amour une preuve fidèle, Je ne sais rien de plus, mais de tels sentiments Méritent qu'on ies récompense: Les rois sont trop heureux de servir les amants! Si, comme je le pense, Remercier la reine est pour vous un désir, Dans un instant vous aurez ce plaisir Par moi, devant la cour en ces lieux arrêtée, Une dame d'honneur lui sera présentée. |
| DON GOMEZ |
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| Une dame d'honneur ! Norfolk diraitil vrai? |
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Scène 4
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| HENRY |
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| Donc le pape esr hostile à ma secrète envie? |
| SURREY |
| Oui, sire! |
| HENRY |
| Je l'y soumettrai ! |
| SURREY |
| Mais il y va pour vous du trône et de la vie! |
| HENRY |
| Que m'importe, Surrey ? Dans mon âme
reine Rien ne demeure plus quand l'amour est entré. Je souffre, pour cette retelle, Des maux plus durs que le trépas! |
| SURREY |
| Près de la femme la plus belle Un roi commande er ne soupire pas! |
| HENRY |
| Qui donc commande quand il aime? Et quel empire reste au cur Où l'amour met son pied vainqueur? Ah! c'est la torture suprême: Espérer et craindre à la fois! Er vivre, exilé de soimême Ayant des caprices pour lois! Qui donc commande quand il aime? Elle veut et puis ne veut plus, Elle me cherche et puis m'évite. Le souvenir de Marguerite Faitil mes regrets superflus? Elle me cherche et puis m'évite, Elle veut et puis ne veut plus. Ah! c'est la torrure suprême: Espérer et craindre à ia fois! Et vivre exilé de soimême Ayant des raprices pour lois! Qui donc commande quand il aime ? |
| SURREY |
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| Sire, la reine! |
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Scène 5
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| CATHERINE |
| Ô mon mattre et seigneur, Vous m'avez demandée ? |
| HENRY |
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| En effet, noble reine, C'est pour vous présenter une dame d'honneur Dont vous serez bientôt la souveraine. Sachez, avant même son nom, Que de la cour de France, ici le ciel l'envoie. |
| CATHERINE |
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| Anne Boleyn? |
| HENRY |
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| Quoi ? vous la connaissez ? |
| CATHERINE |
| Non! |
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| Gardons à Don Gomez le secret de sa joie. |
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| Le bruit de sa beauté parYint seul jusqu'à moi. |
| HENRY |
| Le présent de vous n'en est que plus digne. |
| CATHERINE |
| Je l'accepterai donc, puisqu'il vient de
mon roi, Dont j'artends à mon tour une faveur insigne. |
| HENRY |
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| Parlez! Vous plaire en rour est ma plus chère loi. |
| CATHERINE |
| De Buckingham je sais le sort terrible. Donnezmoi sa grâce. |
| HENRY |
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| Impossible. |
| CATHERINE |
| Cependant vous m'aviez promis... |
| HENRY |
| Ma justice est inexorable! |
| CATHERINE |
| Mais il était de vos amis ! |
| HENRY |
| Il n'en est que plus méprisable! |
| CATHERINE |
| J'en appelle à votre pitié! |
| HENRY |
| Je n'en ressens pas pour un traitre. |
| CATHERINE |
| Peutêtre on l'a ralomnié. |
| HENRY |
| Apprenez à mieux le connaître: Pour lui prêter votre secours, Reine, vous ignorez peutêtre Qu'il fut votre ennemi toujours! |
| CATHERINE |
| Je suis chrétienne, ô mon maitre Pardonnez! |
| HENRY |
| Buckingham a mérité la mort ! Cessez pour le sauver un inutile effort ! |
| CATHERINE |
| Triste secret de mes vreux superfius! Mon seigneur, vous ne m'aimez plus! |
| HENRY |
| Que ditesvous là, Catherine? Eh! quoi donc ! votre humeur chagrine Méconnait l'amour que pourtant Je vous témoigne à tout instant, Domptant jusqu'à ma conscience, Pour rester toujours votre époux! |
| CATHERINE |
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| Que ditesvous ? que ditesvous ? |
| HENRY |
| Je dis que quelquefois je pense Que Dieu maudit norre union, Comme illégitime et contraire À la sainte prescription Qui défend d'épouser la veuve de son frère. |
| CATHERINE |
| Ô mon maltre, vous blasphémez ! |
| Car le pape a béni les nceuds par nous formés. |
| HENRY |
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| Que le pape soit infaillible On le prétend et c'est possible Mais le lévitique est formel, Et ce livre nous vient du cid. |
| CATHERINE |
| Où voulezvous en venir, je vous prie ? |
| HENRY |
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| Moi ? Mais à rien Catherine chérie, Rassurezvous, j'ai voulu seulement Vous rendre juste envers ùn sentiment Qui, surmontant la différence d'àge Et l'absence de fils, fait encor davantage En bravant jusqu'à Dieu pour garder son serment. |
| HENRY |
| Atelle compris ? Elle tremble. Du triste hymen qui nous rassemble L'amour d'Anne sera vainqueur! La paix de l'àme étant perdue, Ah ! du moins cette ivresse est due À mon cceur! |
| CATHERINE |
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| Ah ! j'ai tout compris er je tremble! Du saint hymen qui nous rassemble, Un amour coupable est vainqueur! Plus de justice m'était due, Je me sens à jamais perdue Dans son cur! |
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| HENRY |
| Mais voici venir ce me semble Celle que dans ce lieu nous attendons ensemble. |
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Scène 6
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| ANNE |
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| Don Gomez, juste ciel! |
| DON GOMEZ |
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| C'est bien elle vraiment! |
| HENRY |
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| Vous vous reconnaissez, vous étant vus en France? |
| ANNE |
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| Sire, précisément. |
| HENRY |
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| Reine, pour vous donner la nouvelle
assurance De notre amour royal, nous plaçons près de vous Dame Anne Boleyn que mon frère Louis douze Honorait autrefois d'une amirié jalouse Venant d'un peuple ami, ce présent nous est doux. |
| CHUR DE FEMMES |
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| Salut ?à toi qui nous viens de la
France! Nos deux pays ont les mêmes aïeux, Gage de paix et gage d'espérance, Salut à toi, vierge au front radieux! |
| CATHERINE |
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| De cellelà du moins, quoiqu'elle soit
belle Un autre amour protoge mon bonheur. |
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| Soyez la bienvenue ici, mademoiselle Ma nouvelle dame d'honneur. |
| ANNE |
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| Reine, à vous bien servir je mertrai tout mon zèle. |
| HENRY |
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| Pour honorer encore en vous Un poste dont vous êtes digne, J'y veux joindre, faveur insigne, Un ritre désiré de tous: De Pembroke sayez marquise! |
| LE CHUR |
| De Pembroke le roi la nomme aussi marquise! |
| ANNE |
| Sire, c'est vraiment me combler. |
|
| HENRY |
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| Quel bienfait pourrait égaler L'éclat de cette grâce exquise! |
| ANNE |
| Non, c'est trop! |
| HENRY |
| Ce n'est pas assez! |
|
| Si ru ravais comme je t'aime! |
| ANNE |
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| Mon cur s'emplit de réves insensés. |
| HENRY |
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| Je suis ici maître suprême! Si tu savais comme je r'aime! |
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| CHUR DES MOINES |
| De profundis! de profundis! Que Dieu dans sa miséricorde Au pécheur repentant accorde Une place en son paradis! De proEundis! |
| ANNE |
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| Quel est ce chant de deuil dont mon âme est troublée? |
| HENRY |
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| Rien ! un traitre qui meurt ! |
| ANNE |
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| Une hache! du sang! Ô sombre vision de l'enfer envolée ! J'ai peur! |
| HENRY |
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| Ô ma colombe au regard innocent, Reviens à toi. mon bien suprême! |
|
| Si tu savais comme je t'aime! |
REPRISE DU CHUR DES MOINES |
| ANNE |
| Taisezvous ! taisezvous ! une hache,
du sang O sombre vision qui sur mon Eont descend! |
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| C'était un sombre réve ui s'envole et s'achève, Mais dans mon cteur reste un secret effroi! Ah ! d'un coupable amour, seigneur, protègemoi. |
| HENRY |
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| C'était un sombre réve Qui s'envole et s'achève, La mort est due à qui trahit son roi. Non ! rien ne la saurait déhendre contre moi. |
| DON GOMEZ |
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| Hélas, c'est mon doux réve Qui s'envole et s'achève! Comment lutter contre l'amour d'un roi? De ce tourment jaloux, seigneur, protègemoi. |
| CATHERINE ET LE CHUR |
| Hélas ! c'est sous le glaive Qu'un sort brillant s'achève! Qui tenterait de désarmer le roi? Dédaigneux de l'amour, il régne par l'effoi! |
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Scène 1
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| CHUR |
| Joyeux enfants qui ne savez encore Les lourds secrets du monde et de la Cour En doux refrains comme en jeux tour à tour S'évanouit votre gaieté sonore. Quand des soucis pour vous viendra le jour Rappelezvous les plaisirs de l'aurore Joyeux enfants (etc.). |
| DON GOMEZ |
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| Norfolk avait dit vrai! J'ai vainement
douté! En vain, pour me rapprocher d'elle À Londres j'avais tout tenté, Ne pouvant la croire infidèle! Et jrespérais encor, si grande était ma foi! Mais ici plus de doutes et plus d'espoir qui leurre Elle est ici prés de ce roi Qui déserte la ville à l'heure Où la peste y sème l'effroi! Tandis que la reine y demeure! Elle est ici près de ce roi! Ah! le lâche! ah! la criminelle! Je veux nour guérir ma raison Qu'affola sa beauté cruelle, Savoir ce qu'elle porte en elle D'infamie et de trahison! Ah! par quelle ironie étrange Le ciel mitil sous ce front d'ange Le génie ami d'un démon Ô mensonge d'un doux visage! O charme trompeur de ses yeux! Je sens dans mon cr auxieux Renaître et mourir le courage. Tout me redit son crime, hélas! Sans convaincre mon cceur rehelle. O sort plus dur que le trépas! Jamais je ne la vis si belle! |
|
| C'est elle! La douleur a brisé ma colère! |
| CHUR DES FEMMES |
| Noble dame, pour vous plaire Tout s'empresse autour de vous, Sans vouloir d'autre salaire Que vos sourires si doux! Chants d'oiseaux, parfums de roses, Curs épris, charmantes choses, Tout s'empresse autour de vous! |
| ANNE |
| C'est par vous, ô damoiselles, Que ces lieux sont embellis Mieux que par le bruit des ailes Et par la blancheur des lis. Comme aux fleurs un lit de mousse, Près de vous la vie est douce Pleine de charme et d'oublis. |
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Scène 2
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| DON GOMEZ |
| Elle vient: de quel Eont va m'aborder l'infame? |
| ANNE |
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| Je suis heureuse sur mon âme Gomez, de vous revoil. |
| DON GOMEZ |
| Bonheur que vous avez À Londres refusé, madame. |
| ANNE |
| J'érais alors, vous le savez |
| Toute au service de la reine. |
| DON GOMEZ |
| Assez de mensonges, vraiment, De feindre, ce n'est plus la peine! Anne, qui vous a fait oublier le serment Qui pour jamais à moi vous lie ? |
| ANNE |
|
| Et qui vous dit que je l'oublie? |
| DON GOMEZ |
| Vous m'aimiez, disiezvous? |
| ANNE |
| Et je le dis encore, Oui, votre amour me fut un immense bonheur, S'il me prit mon repos, il me rendit l'honneur. |
| DON GOMEZ |
| Par la fidélité seule, une âme s'honore! |
| ANNE |
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| Ciel! le Roi! |
Scène 3
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| HENRY |
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| Vous ici, monsieur, faisant la cour A la belle marquise ? |
| DON GOMEZ |
| En France, autrefois, sire, J'eus l'honneur de la voir un jour. |
| HENRY |
| Ce fut assez pour vous soumettre à son
empire! Je lui donne ce soir |
|
| Une fête ici même et compte vous y voir. |
| DON GOMEZ |
| Sire, j'oboirai. |
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Scène 4
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| HENRY |
| Chère Anne que j'implore, Vous rrouvezvous heureuse ici? À vous plaire aije réussi? Puisje espérer enfin ? |
| ANNE |
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| Je vous le dis encore; Sire, n'espérez rien de moi! |
| HENRY |
| Rien ! Pourquoi donc alors te montrer,
fille ingrate, Heureuse des honneurs où mon amour éclate? |
| ANNE |
| Vous osez demander pourquoi? C'est pour laver la flétrissure, Qu'à mon nom jadis plein d'honneur Mir le triste amour de ma sur! |
| HENRY |
| N'évoque pas, je t'en confure, Cette affreuse douleur! Ah! tes doutes sont des blasphèmes! Paix du fayer, souci du rang, Honneurs que mérite mon sang, J'ai tout quitté pour que tu m'aimes |
| ANNE |
| Attendez donc encor! |
| HENRY |
| Ne désespère pas Un amour qui ferait ta fierté si contente! Ah ! si tu le voulais, ingtate, sous tes pas, Tant d'honneurs te feraient une route éclarante, Que ton destin serait le plus grand d'icibas! |
| ANNE |
| N'achevez pas ! oh ! n'achevez pas, Sire! |
| HENRY |
| Oui, je comprends ! que vaut l'empire! Que vaut la fortune d'un Roi, Auprés de ton divin sourire, Auprès d'un seul regard de toi ? |
| ANNE |
|
| Oh ! malgré moi, sa voix me touche! |
| HENRY |
| Ah ! nc me restc pas farouche, Laisse enfin ron creur s'attendrir Vienne un sourire sur ta bouche Et pour moi le ciel va s'ouvrir! |
| ANNE |
| Quel réve, quel avenir! |
| HENRY |
| De ton regard la douceur me pénètre, De doux frissons il emplit rout mon être! Ô mon amour, crois donc en moi! Ton esclave, c'est ton roi! |
| ANNE |
| De ses regards la chaleur me pénétre. |
| HENRY |
| Oui, pour jamais je t'ai donné mon âme, Une tendresse éternelle m'enflamme Ce jour pour nous est un beau jour, Si ru crois à mon amour! |
| ANNE |
|
| Ah! Sire, gardez votre amour! |
| HENRY |
|
| Je t'aime, je te veux, ma belle enchanteresse! |
| ANNE |
|
| Non ! non ! jamais votre maitresse! |
| HENRY |
| Ma maîtresse, distu? Qui parle de
cela? Ma femme! |
| ANNE |
|
| Que ditesvous là? Votre femme? |
| HENRY |
| Oui. |
| ANNE |
| Parole vaine! |
| HENRY |
| La reine alors n'est plus la reine, Et la reine, c'est toi! |
| ANNE |
|
| Mais ce lien sacré Qui vous fait son époux? |
| HENRY |
| Eh bien! je le romprai. |
| ANNE |
| Rêve que tout cela! |
| HENRY |
|
| Non ! ce n'est pas un réve! C'est bientôt la réaliré, Tu n'avais pas assez compté Sur l'amour profond qui m'a fait, sans trêve, L'humble esclave de ra beauté. Repousserastu donc, d'un époux respecté, Avec un nom royal, la pourpre souveraine? |
| ANNE |
|
| Reine! reine! Je serais reine. |
| HENRY |
| Refuserastu donc de suivre cet époux Sur le chemin d'honneur où son amour t'entraîne? |
| ANNE |
|
| Reine! reine! je serais reine! |
| HENRY |
| J'en jure par le ciel et par ces yeux si doux! |
| ANNE |
| Je cède au réve qui m'enivre, Comment repousser un tel sort? Ah ! sire, je jure de vivre Fidèle à vous jusqu'à la mort! Aimonsnous d'un amour puissant et fort! |
| HENRY |
| Ah ! cède au rêve qui t'enivre! Pourquoi repousser un tel sort? Chère Anne, juremoi de vivre Fidèle à moi jusqu'à la mort! Aimonsnous d'un amour profond puiss mr er fort! |
|
| HENRY |
|
| Tu seras, n'estce pas, ma femme? |
| ANNE |
|
| Oui, votre femme, Jurezle! |
| HENRY |
|
| Sur mon âme Je le jure! Je suis à toi jusqu à la mort. |
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Scène 5
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| Reine ! je serai reine ! Ah! ce n'est
plus un rêve ! Plus haut que mes reves pâlis, Mon destin glorieux se lève Sur tous mes proJers abobs . Je vais donc enfin re connaître, Ivresse du pouvoir, suprême volupté! J'aurai pour esclave le maître, De ceux qui jadis m'out bravée, Le maître de tous redouté! J'aurai, pour défierl'affront, Un sceptre dans ma main levée, Une couronne su mon front! Sûre aujourd hui de la victoire Et d'un triomphe sans retour, Enfin je saurai si !a gloire Ne fair pas oublier! amour! Enfin je connaîtrai la gloire! L'humble fille d'hier sera reine demain! |
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Scène 6
|
|
| La tienne et celle de ta sur ! |
| CATHERINE |
| Pauvre fille ! que Dieu t arrête en ton chemin. |
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| Regardemoi ! Je suis la reine
d'Angleterre ! La reine au cur clément, qui, te voyant à terre, Un jour vers toi tendit sa main! Avant d'oser, pour récompense, Lever les yeux sur mon époux, Tu n'as pas mesuré, je pense, Quel abime existe entre nous? En te voyant à ce point descendue, Longtemps, oubliant mon courtoux, J'ai plaint l'orgueil qui t'a perdue, Prends garde maintenant! |
| ANNE |
| Mais, madame, je vous jure que |
| CATHERINE |
| Croistu donc que mes regards jaloux Dans tes projers obscurs ne t'aient pas poursuivie? |
| ANNE |
| Hélas ! madame, sur ma vie Pour fair le roi j'avais tout fait. |
| CATHERINE |
|
| C'est pour le fuir qu'on te vit, en
effet, En accepter tittes, honneurs, forrune? |
| ANNE |
| Mais je ne demandais aucune Sire,
défendezmoi. De ces faveurs dont le poids m'accablait. |
| CATHERINE |
|
| Tu ne demandais rien ? Sans en être
enhardie, Tu souffrais, des faveurs dont t accablait le roi, N'estce pas, pauvre enfant ? Et vu voudrais que, moi, Je crusse à cette comédie! Non! je sais les calcuis de ta feinte douceur: Il te reste en effet, - à merveille, tu comptes - A te faire payer deux hontes: |
| ANNE |
|
| Dieu m'est témoin, madame, Que ie voulais vous respecter ici! Mais puisqu'on est pour mol sans pitié ni merci, Je saurai me venger. Soit ! torturez mon âme! Votre époux est à mol. Je relève le front ! |
| CATHERINE |
| Assez! C'est trop longtemps écourer une
infâme C'est trop longtemps subir l'affront! Va ! poursuis dans t'ombre ta trame; Méprisée en tout lieu ! Va ! mais ne rente pas la instice de Dieu! Pour châtier ton cur retelle C est à ce Dieu que j en appelle A mon époux il rendra la fierte Et, s'il m'abandonne en ce monde, C'est plus haut et plus loin que mon espoir se fonde: - Anne, gardez le temps ! j'aurai l'éternité ! |
Scène7
|
| HENRY |
|
| Eh ! quoi, madame, vous ici? |
| ANNE |
|
| CATHERINE |
| Site, j'y viens rappeler à mon roi Que je suis la reine. |
| HENRY |
| Pourquoi ? Je n'ai pas encor, sur mon âme, Dit le courraire. |
| CATHERINE |
|
| Pas encor ? |
| HENRY |
| Et vous serez reine, d'accord, Jusqu'au jour où la loi, par mes soins consultée, De mon trône royal vous aura rejetée. Demain vous saurez votre sort. |
| NORFOLK |
|
| Monseigneur, le légat du pape. |
| CATHERINE |
|
| Mon refuge! |
| HENRY |
|
| Non ! c'est le Patlement qui sera votre juge. |
|
| Qu'il soit le bienvenu. |
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| LE LEGAT |
| Salut, roi d'Angieterre. Au nom du paperoi, représentant sur terre Du Dieu puissant et doux que nous servons tous deux, Sachant ton âme en proie aux dessems hasardeux, Je viens pour te parler une parole austère. |
| HENRY |
|
| De l'écouter demain nous aurons le loisir. |
|
| Madame, en attendant, soyons tout au plaisir. |
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DIVERTISSEMENT |
Fête populaire dans le parc de Richmond |
N° 1. Introduction.
Entrée des Clans
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Scène 1
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| GARTER |
| Le synode est ouvert. À tous Dieu fasse droit ! |
| L ARCHEVÊQUE DE CANTERBURY |
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| Toi qui veilles sur l'Angleterre, Dieu puissant, dictenous ta loi. Toi qu'entoure un triple mystère A tes enfants révèletoi! Toi qui veilles sur l'Angleterre, Garde la patrie et le roi! |
| GARTER |
| Henry, roi d'Angleterre, avancez devant nous. |
| L'HUISSIER |
|
| Henry, roi d'Angleterre, avancez devant nous. |
| HENRY |
| Présent. |
| GARTER |
| Et vous, à reine, avancez devant nous. |
| L'HUISSIER |
|
| Ô reine Catherine, avancez devant nous. |
| CATHERINE |
| Mon maître et mon seigneur, je me soumets à vous. |
| HENRY |
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| Vous tous qui m'écoutez, gens d'Église
et de loi, En ce jour solennel, votre seigneur et roi, Demande à voir briser, comme à sa foi contraire, L'hymen qui lui donna la veuve de son frère. Sur le saint Lévitique appuyant son désir, Il soumet cette cause à votre bon plaisir, Et la confie aussi à votre conscience, Priant Dieu qu'il l'éclaire en sa toutepuissance! |
| GARTER |
| Maintenant, la parole est à dame la reine. |
| CATHERINE |
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| À ta bonté souveraine, Seule, dans cet instant, je m'adresse, ô mon roi! Prends pirié de la pauvre femme Qui t'a donné toute son âme, Et toujours t'a gardé sa foi! Car je ne suis au'une étrangère Qui t'aborde d'un ton soumis, Et qui, dans cette cour légére, Toi la quittant, n'a plus d amis! N'ai-je donc pas été l'épouse, Loyale et pure en sa maison, Et jamais ton âme jalouse M'atteignitelle d'un soupçon? Henry, c'est ta femme fidèle Qui vient supplier son seigneur De se souvenir encor d'elle, Et de ne pas briser son creur! |
| CHUR DES ASSISTANTS |
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| Ah ! pauvre femme et pauvre reine! Comment ne pas compatrir à sa peine ? |
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| CATHERINE |
| Sire Henry, le roi votre père Était un roi juste et clément, Et du mien vous avez, j'espère Gardé le même sentiment. En unissant nos mains sans doute Ils ont bien fait ce qu'ils ont fait. Le pape a béni notre route Qui long~temps fut douce, en effet. Donc aujourd'hui c'est votre femme Qui vous somme, dans ce saint lieu, De respecter, suivant votre âme, Votre père, je pape et Dieu! |
| CHUR DES ASSISTANTS |
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| Ah ! pauvre femme! ah ! pauvre reine! Comment ne pas comparir à sa peine Pour elle nous implorons Dieu. |
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| CATHERINE |
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| Et vous, messieurs, que le roi fit mes
juges, Si la pitié régne en vos curs, Que ma douleur trouve en vous des refuges Epargnezmoi, voyez mes pleurs! Peu m'importent le diadème Et les tristes faveurs du sort. Mais rendezmoi l'époux que j'aime, Et dont l'adieu serait ma mort! |
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| CHUR DES ASSISTANTS |
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| Ah ! pauvre femme et pauvre reine! Comment ne pas compatir à sa peine? Quoi ! d'une si longue amitié, Le roi n'atil donc pas pitié?! |
| HENRY |
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| Il suffit. |
| CATHERINE |
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| Ah ! je suis perdue! |
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| GARTER |
| Messieurs, la cause est entendue, A moins qu'un défenseur, sans nous en prevenir, Air projeté d'intervenir. |
| DON GOMEZ |
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| Je serais celuilà que vous n'attendiez
guère. La reine est espagnole et je suis son sujet. Au nom de mon pays, votre allié naguère. Je proreste en ce jour contre un pareil projet, Entre peuples amis pouvanr causer la guerre. |
| UN GROUPE DE SEIGNEURS |
| Qui donc nous ose menacer? |
| UN AUTRE |
|
| C est au roi de punir ui nous vient offenser! |
|
| HENRY |
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| Monsieur l'ambassadeur, si j'ai compris
la chose, Pour peser sur !'arrêt vous comptiez sur l'effroi. Mais tout mon peuple, Je suppose, Pense en cela comme son roi. Les fils de la noble Angleterre, Sachant combattre et se venger, N'ont pas coutume de se taire, Pour laisser parler l'étranger! |
| LE CHUR |
| Vivat ! vivat ! Les fils de la noble
Angleterre, N'ont pas coutume de se taire, Pour laisser parler l'étranger! |
|
| CHUR DES ASSISTANTS |
| Mais nous ne saurions supporter Certes, nous aimons notre reine; Qu'un étranger vienne insulter De notre roi la grandeur souveraine. Que le ciel dicte donc l'arrêt. A l'accepter, chacun de nous esr prêt! |
| UN OFFICIER |
| La Cour va prononcer. |
| L'ARCHEVÊQUE |
| Sire! Illustre assistance! En vertu des pouvoirs à nous par Dieu donnés Déclarons par notre sentence Nul er contraire aux lois l'hymen à nous soumis. |
| CATHERINE |
| Dieu! Vodà que! forfalt ta Justlce a
permis. Soit Mais avant de fuir ce tribunal infâme Où Je cherchals des Juges et ne vois qu ennemis Devant tous je proclame mon trône vainement contesté, Je proteste du fond de l'âme et j'en appelle à la postérité. |
| UN OFFICIER |
|
| Sire, le légat du Saint Père. |
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| LE LÉGAT |
|
| Au nom de Clément sept, pontife
souverain, Délibérant en paix et que nul ne contraint, Je viens ratifier par la présente bulle, Ton premier mariage, Henry huit, et j'annule Toute décision contraire. |
| HENRY |
| Par ma foi ! C'est fort bien ! mes sujas vous répondront pour moi. Qu'on fasse entrer le peuple! |
|
| Enfants de l'Angleterre, Libres fils d une terre libre, Vous plâîtil de recevoir des lois de l'étranger ? |
| LE PEUPLE |
| Non ! non ! jamais ! |
| HENRY |
| Vous connentil qu un homme, Dont le vrai pouvoir est à Rome, Sur mon rrône m ose outrager ? |
| LE PEUPLE |
| Non ! non ! jamais ! |
| HENRY |
| S'contre la puissance Du paperoi las de l'obéissance, Je me léve? |
| LE PEUPLE |
| Nous te suivrons! |
| HENRY |
| Si dans le sein d'une Êglise nouvelle, Je vous appelle? |
| LE PEUPLE |
| Nous irons! |
| HENRY |
| S'il faut un chef pour y guider les
âmes, Choisirezvous, vous, vos fils er vos femmes, Votre roi? |
| LE PEUPLE |
| Nous te le jurons! |
| HENRY |
| Écoutez ! Henry huit se proclame à la
terre Chef de l'Ê`ue d'Angleterre, Et pour sa temme il prend dame Anne Boleyn, Marquise de Pembrcke! |
|
| LE LEGAT |
| Au nom du Dieu que l'on reine, Henry huit, je t'excommunie |
|
| LE PEUPLE |
| Vive le roi ! Vivat ! |
| CHUR |
| Gloire au chef de l'État ! Gloire au
chef de l'Église, Henry huit dour le nom désormais symbolise Deux pouvoirs réunis dans une même main. Que Dieu bénisse son hymen! |
| HENRY ET LE CHUR |
| C'en est donc fait, il a brisé ta
chaîne! Ô peuple épris de liberté! Trop longtemps dompté Par home souveraine, Ton âme sereine Reprend sa fierté! |
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Premier Tableau |
Scène 1
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| NORFOLK |
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| Bravo ! du divertissemenr. Le roi, je crois, sera content. |
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| Avezvous remarqué l'humeur sombre et
farouche Du roi depuis le jour de son nouvel hymen ? |
| SURREY |
| Certes! Les mots amers montent seuls à
sa bouche Et vers nous, ses amis, ne se tend plus sa main. |
| NORFOLK |
| On dirait qu'un secret dans son ombre l'entraine. |
| SURREY |
| Mieux encore! On dirait qu'il doute de la reine. |
| NORFOLK |
|
| Taisezvous! |
| SURREY |
| Anne, hélas ! senr aussi bien que nous Qu'un mal mystérieux tourmenre son époux. Elle sourit ici, mais chez elle, elle pleure ! Tout l ui fai1 peur: - Tenez, le roi qui, tout à l'heure Devait venir, n'est pas venu nouvel effroi ! |
| NORFOLK |
| Elle a raison de craindre: elle connaît le roi! |
| SURREY |
| Saiton ce que deYient la reine Catherine? |
| NORFOLK |
| Au château de Kimbolt elle languit,
chagrine Et bien prés de mourir. On m'a même conté Que le roi s'informait beaucoup de sa santé. |
| SURREY |
| C'cst un peu tard, vraiment, pour s'inquieter d'elle. |
| NORFOLK |
| Il punit cellelà d'avoir été fidèle ! |
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| UN HUISSIER |
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| Monsieur l'ambassadeur d'Espagne! |
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Scène 2
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| ANNE |
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| Encore lui! Que vientil faire à la cour aujourd'hui ? Rien qu'à le voir mon sang se glace |
| DON GOMEZ |
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| Salut, messieurs! |
|
| Pardon. madame, mais de grâce Si je vous trouble, excusezmoi. On m'avait dit qu'ici je trouverais le roi À qui j'apportais un message De dame Catherine... |
| ANNE |
| Ô ciel! |
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| Éloignez vous Un instant seulement. |
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| SURREY ET NORFOLK |
| Depuis ce mariage Tout est mystère autour de nous. |
Scène 3
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| ANNE |
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| Vous venez pour me perdre ici? |
| DON GOMEZ |
| Qui ? Moi, Madame? Vous perdre? Et pourquoi donc ? Sachez que, dans mon âme La haine est morte avec l'amour. |
| ANNE |
| Mais ce message de la reine? |
| DON GOMEZ |
| Contient les vux qu'elle adresse en
ce jour À celui qui l'aima. |
| ANNE |
| Mais qui me rend certaine Qu'il ne renferme rien de plus? |
| DON GOMEZ |
| En vérité, Que voulezvous donc qu'il contienne? |
| ANNE |
| Et, que saisje!
Un message, et
par vous apporté, À raison, m'est suspect. N'avezvous pas encore Des armes contre moi? |
| DON GOMEZ |
| Des armes ? |
| ANNE |
| Oui, vraiment Mes lettres d'auttefois. |
| DON GOMEZ |
| Ce que le feu dévore Ne trahit plus le faux serment Et les promesses violées. |
| ANNE |
|
| Ainsi vous les avez brûlérs? |
| DON GOMEZ |
| Toutes! |
| ANNE |
| Toutes!... Et celle aussi Qui décida votre arrivée ici En qualité d'ambassadeur? |
| DON GOMEZ |
| Non, celleci Existe encore. |
| ANNE |
|
| Où donc estelle? |
| DON GOMEZ |
| Dans les mains de la reine. |
| ANNE |
| Hélas! Terreur mortelle! |
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Scène 4
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| HENRY |
| Elle encore avec lui! Nous allons bien savoir... |
|
| Madame, laisseznous. |
| ANNE |
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| Je n'ai plus qu'un espoir. |
Scène 5
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| HENRY |
|
| Après ce qui s'était passé, monsieur,
naguère, N'e soyez pas surpris si je n'espérais guère Vous revoir en ces lieux. D'ailleurs, sachezle bien, Si vous avez gardé ce poste en Angleterre, Pour ce nouveau bienfait vous ne me devez rien. C'est que j'avais besoin de vous pour un mystère Que je veux'pénétrer. |
| DON GOMEZ |
|
| Sire, de mon côté Si j'au gardé le
poste autrefois accepté, C'est qu'un dernier devoir à cette cour m'enchaîne, Étant le seul ami de celle qui fut reine. |
| HENRY |
|
| De dame Catherine, en effet, parlezmoi. |
| DON GOMEZ |
| D'un message pour vous je suis chargé par elle. |
| HENRY |
| Parlez. |
| DON GOMEZ |
| Si ma mémoire est en tous noinrs
fidèle. Voici ce qu'elle a dit en pleurant: "Ô mon roi ! Bien qu'étant par vous délaissée Je ne veux pas laisser passer ce jour Sans vous dire que ma pensce Vous reste encore fidèlé sans retour! Mes tristes vreux et ma prière Gémissants montent vers les cieux, Et je vous bénirai jusqu'à l'heure dernière Qui bientôt fermera mes yeux." |
| HENRY |
| Pauvre reine vraiment! Son discours fait
revivre Plus ardent !e désir que j'ai de la revoir. |
| DON GOMEZ |
|
| Je me retire donc. |
| HENRY |
| Non pas! Veuillez me suivre. |
| DON GOMEZ |
| Pourquoi, sire? |
| HENRY |
|
| À Kimbolt vous allez le savoir. |
|
| Qui sait si le secret que je cherche
n'est pas Aux mains de Catherine? Ensemble seuls làbas, Elle doir tout savoir car il doit tout lui dire. La reine est Espagnole, et malgré sa bonté, L'ardeur de se venger d'Anne peut la conduire À me dire la vérité. |
ENSEMBLE |
| DON GOMEZ |
| Quel dessein à Kimbolt l'entraîne? Que peutil vouloir à la reine? J'ai peur de sa fausse bonté... Pour un crime nouveau quel démon l'a tenté? |
| HENRY |
| Enfin ma vengeance est prochaine! Je ferai bien parler la reine Par la rigueur ou la bonté. Car je veux aujourd'hui savoir la vérité! |
SECOND TABLEAU
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Scène 1 |
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| CHUR DU PEUPLE |
|
| Vive notre roi! En ce jour prospère, Naquit notre père, Du méchant l'effroi! |
| CATHERINE |
|
| Ô souvenirs cruels! Làbas, dans ma patrie Le nom du roi mon père était ainsi fêté! Tout me parle de toi dans ma captivité, Ô berceau de mes jours, mon Espagne chérie! I Je ne te reverrai jamais, Ô douce terre où je suis née ! Au destin qui m'a condamnée Sans révolte je me soumets. Mais du moins garde à ma mémoire Un souvenir plein de pitié, Ô pays d'amour et de gloire Que je n'ai jamais oublié! II La mort m'eût été moins amère Si, comme autrefois, le sommeil, Je l'avais trouvée, à ma mère, Sur ton sein fécond et vermeil Comme un soldat vaincu je tombe Sur une rerre de douleurs... Ceux^là sont heureux dont la tombe De leur berceau garde des fleurs. |
|
Scène 2
|
| CATHERINE |
|
| Chèra filles venez! Prête à quitter la
terre, Te veux que vous gardiez un souvenir de moi... À toi cet anneau d'or, cette croix est pour toi, Gardez de mon amour cette preuve dernière. |
|
| Quant au livre où je lis chaque soir ma
prière, Il est pour Don Gomez. Il y rerrouvera Cet écrit que j'y mets et que lui seul lira, La preuve de l'amour que lui donna l'infâme Qui m'a pris mon époux et tortura son âme! |
| UNE FEMME |
|
| Reine, une femme est là, qui, sous son
voile, attend L'heure de vous parler. |
| CATHERINE |
|
| Qu'on nous laisse un instant! Qui rait, quelque douleur confiante à la mienne... |
|
| Entrez, vous qui souffrez rans doute...
car ici C'est le triste séjour du deuil et du souci. |
|
Scène 3
|
| CATHERINE |
|
| Anne ! venezvous donc pour me braver encore? |
| ANNE |
|
| Vous braver ! non ! je vous implore. |
| CATHERINE |
| Et de moi que voulezvous donc? |
| ANNE |
| Rien qu'un mot de pardon. |
| CATHERINE |
| Vous pardonner! jamais! |
| ANNE |
| Ce n'est pas à la reine Que j'ai parlé, mais c'est à la chrétienne. |
| CATHERINE |
| La chrétienne au Seigneur demandera l'oubli. |
| ANNE |
| Ah! connaissez du moins le remords qui m'accable. |
| CATHERINE |
| Que me fait le remords D'un mal irréparable Laissez dormir en paix mon cur ensaveli. |
| ANNE |
| Mon crime est sans appel, mais du roi
d'Angleterre Le trône m'apparut... un venige me prit... Et mon rêve immola mon cur à mon esprit, Car moi j'aimais aussi, mais d'un amour sans crime... |
| CATHFRINE |
|
| C es: vrai, je ne fus pas votre seule
victime, Et votre main perça du même coup deux curs; Mais vous ne l'aimiez pas celui dont la blessure Saigne encore aujourd'hui sous vos mépris vainqueurs! Vous ne l'aimiez pas, j'en suis sûre! |
| ANNE |
|
| Hélas ! qui moins que vous, madame, en
douterait? N'avezvous donc pas mon secret... |
| CATHERINE |
| Quel secret? |
| ANNE |
|
| Mais la preuve entre vos mains laissée De l'amour que Gomez m'inspirait autrefois? |
| CATHERINE |
|
| Ah ! je comprends enfin pourquoi je te
revois! Tu viens ici, par la terreur poussée, M'arracher cette preuve et, pour l'anéantir Me parler de ton repentir. Dis donc que je n'ai pas deviné ta pensée? |
| ANNE |
|
| Je suis folle ! j'ai peur, peur de vous,
peur du roi, Ah ! je vous en supplie, ayez pitié de moi! Rendezmoi cette lettre. |
| CATHERINE |
|
| Eh bien non ! misérable! Non, non, fille sans cur! |
|
| Regarde, le voilà Cet ecrit qui te perd, et me fait redourable !... |
| ANNE |
|
| Ah ! grâce! |
| CATHERINE |
|
| Et si le roi, ton époux, était là C'est à lui... |
|
| Le roi! |
|
Scène 4
|
| HENRY |
|
| Vous ici, madame! J'en suis fort heureux sur mon âme! |
|
| Mon cur fut pour vous sans merci, Madame je vous fis, avant le temps, ma veuve, Mais je viens aujourd'hui vous demander la preuve Que je fus lâche et fou de vous traiter ainsi, En vous délairsant, noble femme Honneur d'une antique maison, Pour une créature infâme Dont le cur n'est que trahison. Cette preuve en vos mains, l'avezvous, Catherine? |
| ANNE |
| C'est est fait! |
| DON GOMEZ |
| Ciel! |
| CATHERINE |
|
| Pourquoi me tentezvous, seigneur ? |
| HENRY |
|
| Vous vous raisez? |
|
| En torturant son cur. La jalousie et la douleur La feront parler, j'imagine. |
|
| Reine, votre silence est doux à mon
amour: Croyez à ma reconnaissance ! Il témoigne de l'innocence, De celle que j'osais soupçonner en ce jour. |
|
| Anne, pardonnemoi l'injure Dont t'effieura mon cur jaloux! Ta rivale, ellemême, oubliant son coutroux, Te proclame fidèle et pure. Anne ma chère idole, jure Que tu n'aimas jamais que ton époux,. |
| CHUR |
|
| Chantons le jour où naquit notre Roi! |
| ANNE |
|
| Je n'ai jamaus aimé que vous. |
| CATHERINE |
|
| Seigneur! Seigneur! pourquoi me tentezvous ? |
| HENRY |
|
| Elle se tait! |
|
| Anne, ma bienaimée. Écoute donc, autour de nous Monter dans la nuit parfumée Ces chants harmonieux et doux! |
| CATHERINE |
|
| Seigneut! seigneur, pourquoi me tentezvous ? |
| ANNE |
| Dans mon cur quel effroi! Ô Dieu, conseillemoi. |
| DON GOMEZ |
| Dans mon cur quel effroi! Que va faire le Rol? |
| HENRY |
| Ils disent notre amour immense Et le bonheur qui recommence Pour nos curs où renaît le foi. |
| CATHERINE |
|
| Seigneur, Seigneur, ayez pitié de moi! |
| HENRY |
| Car, sachele, mon bien suprême, Anne, c'est toi seule que j'aime! Je n'ai jamais aimé que toi! |
| CATHERINE |
| Ô torture, ô suprême outrage, Ô mal impossible à souffrir Je sens détullir mon courage Seigneur! |
| ANNE |
| Ô torture, ô suprême outrage En voyant fléchir son courage Je me sens mourir! |
| DON GOMEZ |
| Ô torture, ô suprême outrage Ô mal impossible à souffrir L'injure a brisé son courage Vatelle parler? |
| HENRY |
| L'injure a brisé son courage, Enfin tout va se découvrir. Par cet outrage J'ai brisé son courage. |
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| CATHERINE |
|
| Auprès de tes élus, Dieu juste, accueillemoi! |
|
| Comme moi, pardonnez! |
|
| HENRY |
|
| Morte avec son secret! Mais si j'apprends
jamais Qu'on s'est raillé de moi, la hache désormais! |
|
RIDEAU |