Photographs de Io Paschou

L` Exhibition au Centre de Rencontre Luxemembourg

 

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Un projet photographique :

« L’art et le sport se rencontrent pour un intense corps à corps »


Le début de cette aventure a commencé par une invitation : participer à un festival antiraciste de supporters de football à Montecchio en Italie, comme photographe, tout en suivant l’Association « Luxembourg Contre le Racisme » dans son périple lors des quatre jours de ce tournoi. 
Mais comment approcher un sujet aussi vaste et compliqué comme le racisme à travers un tournoi de football? Surtout quand on n’a jamais joué, qu’on n’a jamais été supporter d’une équipe et que l’on est une femme dans un milieu supposé masculin ? 
En arrivant, à Montecchio, en juillet 2004, je me suis vite rendue compte que tous mes a priori étaient simplement des méconnaissances. Je me suis trouvée face à des personnes de toutes les nationalités, de tout âge, qui avaient envie de prouver que le racisme n’a pas de place quand on a envie de partager, d’échanger et de communiquer des idées dans différentes langues et bien sûr de jouer pour le plaisir du football. Pendant ces quatre jours d’été, il n’y avait pas de gagnants et de perdants, pas de bonnes et de mauvaises équipes, pas d’équipes de femmes et d’hommes, pas de « petits » et de « grands » pays et ni de forts et de faibles. C’était tout simplement un microcosme, un univers sans frontières, réunissant des personnes ayant un seul motif : démontrer qu’il est possible « de vivre grâce à nos différences et non à cause de nos différences ». Et l’appareil photographique était mon moyen de le connaître.  
En m’approchant du terrain pour capturer les moments sportifs de l’évènement, avant ou après les matchs et essayer de comprendre leur langue, leurs gestes, j’ai du « voler » l’instant décisif, leurs regards, leurs sourires, leurs cris de joie. Ensuite, je m’éloignais, en cherchant les petits moments de tranquillité, sous les tentes presque vides, où certains joueurs se reposaient à l’ombre pour échapper à la chaleur imposante.  
Quand la nuit tombait, la fête commençait. Et de nouveau tout le monde se réunissait pour partager les expériences de la journée et pour préparer le match du lendemain. Plus les journées passaient, plus je me sentais à l’aise et plus j’entrais dans cet univers. Cette fois ci, pas en attendant de photographier leurs sourires et leurs joies, mais en offrant le mien. 
En partant du tournoi antiraciste, je me suis retournée et j’ai regardé une dernière fois les terrains vides qui, quelques heures auparavant, étaient remplis de joueurs se battant dans l’espoir de marquer un but contre le racisme. Je les voyais échanger leurs coordonnées en promettant de se retrouver l’année prochaine.  
Après ces moments inoubliables et les rencontres enrichissantes, j’ai quitté ce périple avec des images sauvegardées dans mes films photographiques. Les frontières n’existaient plus cet été et les terrains allaient bientôt se remplir pour le tournoi de 2005. C’était évident, notre pari était gagné. Notre équipe était présente dans un univers où le racisme n’existait plus.

:::::: INFO : kickracismout@yahoo.com ::::
 
 

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