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Caractère général du siècle

L'art du XVIIe siècle avait placé au centre de ses préoccupations l'homme soumis à Dieu et au Roi. La littérature avait été surtout psychologique et esthétique. Les auteurs du siècle des Lumières ont une autre conception de la littérature: pour eux, pour les philosophes, elle devient une arme pour l'esprit humain, pour propager les idées.

Le XVIIIe siècle est le siècle des philosophes: « Cette époque est celle où la littérature a donné l'impulsion à la philosophie ». Leur doctrine est fondées sur l'expérience et sur la raison: la lumière de leur raison dissiperait les grandes masses d'ombre dont la terre était couverte; ils retrouveraient le plan de la nature et n'auraient qu'à le suivre pour retrouver le bonheur perdu.

Montesquieu, Voltaire, Diderot, Jean-Jaques Rousseau sont les ennemis déclarés de toute sorte d'obscurantisme. « La vérité pragmatique a remplacé la verité rélélée ». Aux vers ils préfèrent la prose, une prose claire, souple, vive, tranchante, arme admirable au service de l'intelligence de l'homme de lettres; contes philosophiques, encyclopédies, dictionnaires servent à familiariser un large public avec les idées révolutionnaires du siècle.

La littérature du XVIIIe siècle est une littérature engagée, une littérature où l'expression littéraire ne se laisse jamais dissocier des idées ni de la vie. Les écrivains de cette époque mettent à l'ordre du jour les grands problèmes de la « Cité des hommes »: ils opposent la Raison à Dieu, la Science à la Tradition, la Liberté à l'Arbitraire, la Tolerance à la Révélation, le Droit naturel au Droit divin. C'est ainsi que les idées des philosophes ont préparé l'action de la Révolution française.

Le XVIIIe siècle a mis l'accent presque uniqument sur la raison et sur ce qu'il y a d'universel et de général dans l'homme. Toutefois, tout le long du siècle, il y a un courant assez puissant ui oppose au rationalisme sec les forces du sentiment, qui cherche à s'émanciper de la domination de l'intellectualisme froid. C'est finalement ce courant qui, vers la fin du siècle, l'emportera. Si l'on veut donc avoir une vue entière du XVIIIe siècle, il faut compléter le témoignage des philosophes aussi bien par ceux des autres < préromantiques > que par le fameux procès que le Romantisme (au sens le plus large du mot) a intenté à la philosophie des Lumières.