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La société

Tablée: Frédéric IIe en Sanssouci avec Voltaire (à gauche) et quelque têtes dirigeants de l'Académie de Berlinios

La société française du XVIIIe siècle ne se distingue pas, au premier coup d'oeil, de celle du XVIIe siècle. C'est une société d'ordres, d'essence aristocratique. Elle demeure fondée sue le privilège. Le droit traditionnel distingue trois ordres ou états: le clerge, la noblesse, ordres privilégiès, et le tiers état qui comprend l'immense majoritè de la nation, 25 millions d'habitants à la fin de l'Ancien Régime.

Le tiers état comprend les classes populaires des campagnes et des villes, il comprend des professions aussi diverses que les professions libérales (avocats, notaire, médecins, etc.), le financier opulent et le paysan ou le manouvrier misérable. Ce qui fait l'unité du tiers état, c'est son opposition contre les deux ordres privilégiés et la revendication de l'égalité civile. C'est le mérite des philosophes en grande partie bourgeois d'avoir exprimé les griefs du tiers état et d'avoir < éclairé > les esprits. La bourgeoisie est aussi le foyer de la révolte contre le dogmatisme religieux: à mesure que le siècle avance, l'incrédulité se confond avec l'idée du bourgeois, elle est en quelque sorte la marque distinctive d'une classe.

Les idées essentielles du tiers état - raison, tolérance, humanité - se formaient devant un changement profond de structures. Révolution démographique d'abord: à partir de 1750, il y a un excédent régulier de naissances sur les décès, et la longévité des gens contribue à accroître le potentiel intellectuel de la nation.

Révolution économique ensuite: les plantes nouvelles introduites en Europe à la suie des découvertes des XVe et XVIe siècle passent petit à petit dans la praique agraire et dans l'almentation; élargissement du commerce aux pays < coloniaux >; débuts de la révolution industrielle, grâce au développement des sciences et au progrès des techniques. Du moment où les hommes se rendent compte de ses changements, c'est-à-dire vers 1750, le mouvement intellectuel, lent au début du siècle, s'accélère pour aboutir à l'explosion de la Révolution française de 1789.